Vous mettez de l’argent de côté chaque mois sur un livret bancaire, et le rendement vous semble dérisoire. Une application comme Plum promet de faire mieux, avec une épargne automatisée et des taux plus attractifs. Reste à comprendre ce que recouvre cette promesse, et si elle tient face à la solidité d’un livret classique.
Plum Interest : un fonds monétaire, pas un compte d’épargne garanti
C’est le point que la plupart des comparatifs survolent. Quand Plum affiche un rendement sur votre argent placé, il ne s’agit pas d’un livret bancaire au sens français du terme. Le produit phare de la rémunération chez Plum s’appelle Plum Interest, et c’est un fonds monétaire, pas un dépôt bancaire classique.
Concrètement, votre argent est placé dans un fonds géré par BlackRock (le BlackRock ICS Sterling Government Liquidity Fund, selon la documentation 2026 de Plum). Le capital n’est donc pas garanti de la même manière qu’un livret réglementé français.
Sur un Livret A ou un LDDS, votre dépôt est protégé par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR), jusqu’à 100 000 euros par établissement. Chez Plum, la protection relève du FSCS britannique, plafonnée à 85 000 livres sterling, et uniquement sur certains comptes, pas sur le fonds monétaire lui-même.

Pourquoi cette distinction compte ? Parce qu’un rendement plus élevé sur Plum Interest s’accompagne d’un risque, même faible, de perte en capital. Sur un livret réglementé, ce risque n’existe pas. Le taux du livret rémunère une garantie, pas seulement un placement.
Taux du Livret A en 2026 : ce que rapporte réellement l’épargne réglementée
Depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A est fixé à 1,7 %. Ce chiffre a été publié au Journal officiel et s’applique aussi au LDDS. Le LEP, réservé aux revenus modestes, conserve un taux plus favorable.
Vous trouvez 1,7 % faible ? Replacez ce rendement dans son contexte :
- Les intérêts du Livret A sont nets d’impôt. Pas de prélèvement forfaitaire, pas de déclaration complémentaire. Le taux brut est le taux net.
- Le plafond du Livret A reste à 22 950 euros. Au-delà, il faut diversifier, ce qui rend l’arbitrage avec Plum pertinent.
- La liquidité est totale. Vous récupérez votre argent en quelques heures, sans frais de sortie ni délai de valorisation.
Sur les livrets bancaires non réglementés (proposés par les banques en ligne ou traditionnelles), les taux bruts varient, mais une fois la flat tax de 30 % déduite, le rendement net tombe souvent sous celui du Livret A.
Automatisation Plum contre virements programmés : le vrai avantage
L’argument principal de Plum n’est pas le taux. C’est l’automatisation intelligente de l’épargne. L’application analyse vos dépenses et met de côté de petites sommes quand votre trésorerie le permet. Vous n’avez rien à programmer manuellement.
Avec un livret bancaire classique, vous pouvez mettre en place un virement automatique mensuel. C’est efficace, mais rigide. Si vos dépenses augmentent un mois donné, le virement passe quand même. Si vous avez un excédent, il reste sur votre compte courant.
Les règles d’épargne de Plum (arrondi à l’euro supérieur, défi des 52 semaines, Splitter) apportent une flexibilité réelle. Pour quelqu’un qui a du mal à épargner régulièrement, l’automatisation adaptative de Plum peut générer une épargne que le virement fixe ne capte pas.

En revanche, certaines de ces règles sont réservées aux abonnements payants (Pro ou Premium). Le plan Basic est gratuit mais limité. Avant de comparer les rendements, il faut intégrer le coût éventuel de l’abonnement dans votre calcul de rentabilité.
Fiscalité et domiciliation : un angle souvent oublié
Plum est une fintech britannique. Même si l’application est accessible aux résidents français, cela a des implications fiscales et réglementaires que les avis en ligne mentionnent rarement.
Les gains réalisés via Plum (intérêts sur fonds monétaire, plus-values sur ETF ou actions) sont imposables en France. Vous devez les déclarer, et ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Aucune exonération comparable à celle du Livret A ne s’applique.
Par ailleurs, Plum ne propose pas de PEA. Les investissements passent par un compte-titres ordinaire (CTO), ce qui signifie aucun avantage fiscal sur les plus-values, même après cinq ans de détention.
Pour un épargnant qui cherche uniquement à placer du cash sans risque, le livret réglementé reste donc plus avantageux fiscalement. L’intérêt de Plum se situe davantage du côté de l’investissement progressif (ETF, actions) que de l’épargne de précaution pure.
Quel profil d’épargnant pour quel outil en 2026
Le choix entre Plum et un livret bancaire n’est pas binaire. Les deux peuvent coexister dans une stratégie d’épargne cohérente.
- Vous constituez une épargne de précaution : le Livret A et le LDDS restent le socle. Capital garanti, liquidité immédiate, zéro fiscalité.
- Vous avez déjà rempli vos livrets réglementés et cherchez à faire travailler l’excédent : Plum offre un accès simple à des fonds monétaires et à l’investissement en ETF, avec une automatisation qui facilite la régularité.
- Vous avez du mal à épargner et cherchez un coup de pouce comportemental : l’épargne automatique de Plum répond à un besoin que les banques traditionnelles ne couvrent pas bien.
Le piège serait de considérer Plum comme un remplacement du livret. C’est un complément, adapté à une logique d’investissement progressif. Le livret bancaire, lui, remplit un rôle de protection que Plum ne garantit pas de la même façon.
Un dernier point pratique : vérifiez toujours les frais réels de Plum selon votre plan d’abonnement avant de comparer les rendements affichés. Un taux brut attractif perd de son éclat si l’abonnement mensuel grignote une partie des gains, surtout sur de petits montants.

